Le Bon Pasteur
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LE BON PASTEUR ET LE SACRE COEUR
De part et d'autre de l'église, se dressent actuellement deux anciennes constructions en briques : aux n°7-9-11 de la rue de Decize, le Bon-Pasteur, dit également Hospice du Bon Pasteur, et au n°1-3 de la place de l'église, le Sacré-Coeur.
Edifiés à quelques années d'intervalle, ces bâtiments perpétuent le souvenir de la fondation de deux écoles et d'un hospice, par Marie-Antoinette Lefebvre-Lemaire et de leur donation, en 1862, à la commune de Dornes.
Le Bon-Pasteur, hôpital et école de filles, a été inauguré en septembre 1841. A l'exception de la perte de trois lucarnes et d'un clocheton au toit de l'école, le bâtiment faisant face à la rue, l'édifice se présente à notre vue comme il l'était lors de la donation. En revanche, de l'ancien Sacré-Coeur, école de garçons inaugurée en septembre 1845, ne subsiste de nos jours que le bâtiment fortement remanié abritant l'école maternelle.
Surnommée en son temps, la bonne dame de Dornes, Marie-Antoinette Lefebvre-Lemaire est maintenant oubliée de nos contemporains. Ses actions en faveur des enfants et des malades de Dornes, ses nombreuses largesses au profit de la commune, méritent d'être brièvement rappelées.
En 1822, la duchesse de Montebello vend le château, avec son mobilier, et les domaines aux époux Lefebvre-Lemaire. Depuis la mort de son mari, elle avait vainement tenté de s'en défaire. Les nouveaux acquéreurs, retenus à Nevers, ne l'occupent que très rarement. De telle sorte que, lorsque Mathieu-Antoine-Joseph Lefebvre-Lemaire, receveur général de la Nièvre, meurt, en 1837, à Vernuches, personne ne semble l'avoir connu à Dornes.
Dans les débuts, sa veuve n'habite pas le château. Elle préfère également résider à Nevers, ou au château de La Rocherie, à Vernuches. C'est dans cette dernière commune qu'elle fonde, en 1831, un hospice pour recueillir les orphelins. Cet établissement fonctionne jusqu'en 1841, époque où elle décide de le fermer. Racheté la même année par Monseigneur Dufêtre, il deviendra le Bon Pasteur, oeuvre du Refuge, puis l'actuelle maison de retraite de la congrégation des Soeurs de la Charité de Nevers.
C'est à la suite de la fermeture de l'hospice de Varennes-les-Nevers (Varennes-Vauzelles) qu'elle s'installe à Dornes. Elle y avait fait élever, entre 1837 et 1841, un hospice et une école de filles avec pensionnat, placés sous l'autorité des Soeurs de la Charité de Nevers. Les indigents et petites filles y reçoivent gratuitement soins et scolarité. De plus, une pharmacie, tenue par les soeurs, permet aux habitants de la commune d'acheter à peu de frais des médicaments. Les bâtiments, bien conçus pour les soins et l'éducation, se chiffrent à 500 000 francs. Une somme fabuleuse !
Puis, en remplacement de la commune désargentée qui ne peut pas subvenir à la construction d'une école de garçons, elle décide, dès 1839, d'en édifier une à ses frais. Le Sacré-Coeur voit ainsi le jour, entre 1844 et 1845, pour une somme de 100 000 francs. L'école, qui comprend également un pensionnat, est placée sous l'autorité des Frères de la Doctrine Chrétienne. Cependant ils sont rapidement remplacés par un instituteur laïque alors que les Soeurs de la Charité restent chargées du fonctionnement du Bon-Pasteur.
Les écoles et l'hospice demeurent la propriété de Mme Lefebvre-Lemaire jusqu'en 1862. Les relations entre les directions et la fondatrice sont très houleuses. La congrégation des Soeurs de la Charité se verra évincée par celle des Soeurs de Saint-Vincent-de-Paul sans raison valable. De même l'instituteur perdra le revenu du pensionnat.
A la suite de l'arrestation du curé de la paroisse en 1862, Mme Lefebvre-Lemaire décide de faire don à la commune des deux établissements ainsi que d'un capital de 96 000 francs destiné à poursuivre l'oeuvre commencée. L'acte de donation ne comporte pas moins de douze clauses parmi lesquelles figure l'obligation de confier la direction des deux établissements à un membre d'une congrégation religieuse. C'est la violation de cette dernière clause qui entraïnera la révocation de la donation (le Bon-Pasteur en 1900-1901-1902 et le Sacré-Coeur en 1907).
Mme Lefebvre-Lemaire meurt le 20 juillet 1863, à Dornes, sans descendance directe. C'est un de ses neveux, M. de Marne, qui hérite de ses biens. Elle avait fait don auparavant du cimetière, qui lui appartenait, à la commune. Par son testament elle lègue à la fondation Lefebvre une maison, dite La maisonnette, pour y établir une crèche et un asile pour les femmes en détresse. Ce bâtiment sera également restitué à ses héritiers par jugement, en 1909. L'hospice du Bon-Pasteur est définitivement fermé en 1898. L'école, après une interruption de quelques années, reprendra ses activités. Elle sera une école privée jusqu'en 1950. Le Sacré-Coeur connaîtra un autre sort. Il deviendra l'école communale. Mais ce n'est qu'en 1920, après avoir longtemps loué le bâtiment aux héritiers, que la commune en décide l'expropriation.
Marie Martine LACOSTE
Mise à jour
28/04/2010